TELS LES BLUES DE WOODY
Ils prêchent à travers monde des paroles de paix
mais ils ont dans le coeur une épée et une langue féroce
ce sont eux qui l'ont tué enterré injurié
et maintenant ils parlent de ciel et d'Etat
Ils mènent une vie d'esclave et n'ont pour seul projet
de n'avoir toujourq que le pouvoir coûte que coûte
ils tuent au nom de Dieu
et cela n'est certes pas un détail que j'ai inventé
Quand la vie leur annonce une nouvelle aventure
ils se donnent du courage
il s'effraient mais jamais ils ne s'interrogent
et jamais ils ne te croiront
pour eux tout changement est un leurre une erreur
En trichant en dansant en trichant on va tous à la dérive
et l'unique voie qui nous reste n'est pas de ce monde
leur âme ils l'ont jetée en pâtée aux chiens
qui crachent des os et lèchent les mains
Ils donnent les clés à quiconque a le toupet
de donner des signes distraits et quelques caresses
à qui vomit un entrelacs de caps
à celui qui ne dit jamais "un point c'est tout"
à celui qui s'absente toute une vie
à un idiot à une âme perdue
C'est comme à Soweto
ou dans les ghettos de Singapour
On n'y trouve que les restes d'un mort qui se meurt
Sur les places de Chine fusillées et incinérées
nettoyées comme neuves puis encadrées
dans les ruelles de Shangai ou sur les trottoirs de Pékin
ils s'observent dans un miroir d'un regard assassin
La ligue régionale des agonisants
affirme sûre d'elle "nous voilà nous sommes nombreux"
ils n'ont pas encore dit le moindre mot
d'ailleurs l'italien ils ne le comprennent pas
Rêves d'aujourd'hui fiers comptes en banque
Ce sont eux les héros d'une gent qui va grandissant
et gare à qui les touche à qui ose faire le moindre geste
ils te brisent ils te cassent ils te brûlent d'une simple caresse
Tu les vois les approches
les fixes mais ils se ressemblent tous
ces hommes d'aujourd'hui dépeints dans les journaux
ils n'ont pas un brin de bon sens et ne connaissent ni le bien ni le mal
rien qu'un regard vide le silence et quelques grammes coûteux